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Catégorie : Loisirs et Jeux

Loisirs au Moyen-Age : les jeux d’argent

Bien que marqué par des grandes batailles du fait des envies de conquêtes, le Moyen Âge est une période qui rime également avec les loisirs. Plusieurs jeux d’argent étaient pratiqués à cette époque en dépit de leur interdiction dans certains royaumes tels que la France et l’Angleterre. Ceux-ci étant perçus par les pouvoirs médiévaux comme une invention diabolique. Ces clichés négatifs n’empêchent pas pourtant leur développement. Découvrez dans cet article les jeux d’argent les plus joués au Moyen Âge.

Les jeux d’échecs

Apparus en Asie au Ve siècle, les jeux d’échecs sont particulièrement prisés par l’aristocratie médiévale. Preuve de leur rôle primordial dans le paysage ludique de cette catégorie sociale, une bonne éducation noble n’est pas possible sans une maîtrise de ceux-ci. Introduits en Occident au XIe siècle successivement par les routes commerciales russes et celles de l’Europe du Nord, ils subissent une véritable transformation au fil du temps. On assiste à une métamorphose de l’éléphant en évêque ou en juge, puis en fou dès la fin du Moyen Âge et un remplacement du vizir oriental par une pièce féminine. Cependant, le changement véritable pour ce qui est des règles des jeux d’échecs pratiqués au cours de cette période intervient à la fin du XVe siècle. Ce bouleversement se traduit par de nouvelles manières de jouer. Celles-ci proviennent de pays tels que l’Espagne et l’Italie avant de s’étendre de façon progressive à tout le continent européen. Il faut dire que la pratique de ces jeux d’argent se caractérisait par un déplacement limité des pièces sur les 64 cases. Ils étaient plus que des jeux de massacre de tactique intelligente.

Les dés

Ces jeux font partie des plus pratiqués dans l’univers ludique médiéval essentiellement composé de jeux de hasard. Leur population est assurément due à des règles à suivre et un matériel utilisé très simples. Même s’il existe près de 600 façons de les pratiquer, la documentation disponible révèle un système à 3 dés.

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Pour remporter une partie, il fallait obtenir un nombre plus important de points en un jet ou une série de jets. Cependant, des formes de jeux de dés plus complexes font leur apparition dans la littérature du Moyen Âge. Quelle que soit leur diversité, c’est dans les enjeux que réside leur principal intérêt : risquer des sommes plus élevées ou payer l’aubergiste. Et dans les milieux aristocratiques de cette période, certains joueurs pouvaient perdre rien qu’en une soirée des montants exorbitants.

Les jeux de table

Les jeux de table connaissent leur apogée durant la période médiévale. Combinant à la perfection stratégie et hasard, ils sont connus pour être les ancêtres des jeux de trictrac, de backgammon et de jacquet. Leur principe consiste à disposer des pions sur un tablier et déplacer ceux-ci en suivant les orientations des dés, Betclic propose d’ailleurs un jeu similiare. Les joueurs peuvent ainsi réaliser un parcours représenté dans un premier temps par des traits et plus tard par des flèches, dès le Xe siècle.

Les cartes à jouer

Pratiqués en Europe occidentale au XIVe siècle, les jeux de cartes constituent une nouveauté au Moyen Âge. Ils se démocratisent grâce aux nouvelles techniques utilisées au XVe siècle dans le domaine de l’imprimerie ayant conduit à une baisse du coût de production. Deux types de cartes sont distribuées aux joueurs lors d’une partie : cartes numérales et cartes à figures. On note également une variété de systèmes en termes d’enseignes. Le système français (trèfle, carreau, cœur…) est plus répandu que les autres (épée, bâton, denier, coupe…) notamment. Le hasard tient une place prépondérante dans ces jeux, même si les règles observées restent mal connues. Le vainqueur est celui qui parvient à réaliser tel ou tel regroupement. De nouvelles formes de jeux de cartes font leur apparition à partir du XVe siècle. C’est l’introduction des aspects tactiques puisque ceux-ci se fondent sur le principe des levées. Une mutation profonde de cette catégorie de jeux d’argent s’opère avec la notion d’atout, qui apparaît dans la première moitié du XVe siècle.

5 juin 2017     0 Comments

Musique sacrée VS jeux diaboliques

Sur toute la période médiévale l’Église eut une place prépondérante dans la vie des français. L’église rythmait les journées par le son des cloches et l’Eglise rythmait l’année par les diverses fêtes religieuses et rythmait ainsi toute la vie, inculquant le dogme religieux au plus grand nombre. La musique avait pour cela une grande importance, qui fait le balancier avec l’attirance de toujours du public pour les jeux, que l’Eglise a toujours réprimé.

Qu’entends-t’on par musique sacrée

Lorsque l’on parle de musique sacrée, il convient d’utiliser le bon vocabulaire. Dans l’esprit d’aujourd’hui, la musique sacrée se mélange avec la musique classique qui, elle, n’a en réalité rien de médiévale puisqu’elle est née bien plus tard. La musique sacrée est une musique considérée comme vitale ou capitale pour un groupe religieux, l’Eglise catholique en l’occurrence. De façon plus générale, on peut considérer comme sacrée toute la musique religieuse, qu’elle soit ou non vitale pour la religion ou son rite. Lorsque l’on parle de musique sacrée, il faut savoir qu’elle recoupe aussi bien de la musique vocale, avec des textes reprenant de façon identique ou arrangée les mots des textes religieux. En l’occurrence, les psaumes et les chants grégoriens sont un très bon exemple de musique sacrée. Cette dernière peut être aussi instrumentale, religieuse parce qu’elle est associée à un moment particulier du rite ou parce qu’elle utilise des instruments d’église comme l’orgue.

On peut, pour simplifier la notion de musique sacrée, l’identifier à la musique religieuse, celle des offices, pour la mettre en opposition à celle jouée par les ménestrels, les troubadours et trouvères.

Musique sacrée et religion

La musique sacrée a une dimension importante dans la religion car elle est fait pour tendre vers dieu, pour élever son âme vers le divin. Elle est donc en totale contradiction avec la prolifération des jeux durant toute la période médiévale. Les jeux d’hier ne prennent pas la forme de ceux d’aujourd’hui. Si on trouve mention des échecs, le tournoi ou la joute pouvaient être considérés comme des sports ou des jeux. Surtout, ce sont les jeux d’argent qui ont proliféré. L’Eglise parlait alors de jeu diabolique, la première mention en étant fait au pied de la croix de Jésus auprès de laquelle les soldats romains jouaient aux dés. Cette raison religieuse s’ajoute à une raison sociale, le jeu d’argent étant une source de problème, notamment d’un point de vue de la sécurité. Il était aussi une façon pour les joueurs d’être distraits de leurs préoccupations les plus essentielles comme la religion mais aussi le travail. C’est pour toutes ces raisons que les jeux sont vus par l’Eglise comme diaboliques. Avec le temps, l’Eglise et les états ont compris qu’il ne servait à rien de légiférer contre ces jeux diaboliques. C’est de ce constat que sont nés avec le temps les casinos, le pari mutuel urbain ou les salles de jeux.

Le peuple et les jeux d’argents

La période du Moyen-Âge a permis de mettre en avant une très forte contradiction entre les attentes de l’Eglise envers ses fidèles et leurs aspirations. Alors que l’Église avait pour vocation de tendre vers le divin au travers d’une musique travaillée, utilisant des textes et des instruments de premier ordre, le peuple était en attente de l’inverse. Il était plus dans l’instant en étant à la recherche de jeux d’argent, ceux là même inventés par le diable, au risque d’oublier tous les fondements de la religion et de la société.

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